Le philosophe nègre, et les secrets des Grecs : ouvrage trop nécessaire, en deux parties

Publié en 1764 par Gabriel Mailhol (1725-1791), Le philosophe
nègre, et les secrets des grecs. Ouvrage trop nécessaire, en deux
parties , n'a jamais été réédité. C'est aujourd'hui chose faite. Par son
édition critique, Romuald Fonkoua apporte un éclairage nouveau
sur une oeuvre hors du commun.
Il propose à la lecture une biographie inédite d'un écrivain
anonyme, une analyse du contenu et de la portée d'un roman
nouveau que la critique du siècle des Lumières a considéré comme
une parodie de Candide ou l'optimisme de Voltaire.
Dans la longue liste des «romans créoles à personnage nègre»,
le récit de Gabriel Mailhol est une oeuvre à part. Pour la première
fois dans l'histoire de la littérature du XVIII<sup>e</sup> siècle, le personnage
du Nègre emprunte tous les traits d'un philosophe des Lumières.
Sage étranger, naïf et ingénu d'un côté, il critique la pratique de
l'esclavage européen et la prétendue supériorité de l'Occident
civilisé. Caricature des philosophes des Lumières de l'autre, il
dénonce leur besoin de plaire aux maîtres du monde, leur goût pour
le bien-être, leur esprit réformiste. Critique de son temps et critique
des critiques, il se distingue par cette double posture de tous les
nègres littéraires de sa génération.