Kaléidoscope, ou, Les aléas du corps grave

Ces poèmes initialement publiés en 1984 sont toujours aussi pertinents par leur dimension narrative et la constitution de leurs images. Ils font entendre la parole unique de Michel Beaulieu, à la fois au centre de l'être et constamment décentré par le fil de l'oubli et de la mémoire, en dialogue avec lui-même et avec la réalité. Le poète revisite les villes traversées ou habitées, dont celle de l'enfance, Montréal. La construction du recueil montre un désir de faire cohabiter les lieux, car c'est toujours un sujet qui « regarde » le monde, depuis la frontière de ses yeux. Cette apparente complexité ne vient pas brouiller la syntaxe ; elle naît de l'infinité des variations érigée autour des personnages, caressés par l'usage caractéristique de la deuxième personne du singulier. Comme si l'écrivain murmurait à son âme un chant d'exil.