Le père Victor Dillard, jésuite, Blois 25 décembre 1897-Dachau 12 janvier 1945 : l'un des cinquante

«Victor Dillard avait tout pour lui, le physique, l'intelligence,
les relations, la foi», écrit l'évêque de Blois en ouvrant sa préface.
Et il a raison. Néanmoins, au fil de cette biographie écrite
avec ferveur par M<sup>gr</sup> Philippe Verrier, nous nous rendons bien
compte que la véritable grandeur de Victor Dillard ne réside pas
là, mais dans sa résolution à «être avec les pauvres types» du
STO en Rhénanie, comme le rapporte le père Sommet qui l'accueillit
à Dachau, fin 1944.
Le père Dillard qui avait résisté à l'idéologie nazie au coeur
même de Vichy, choisit comme peu d'autres d'être aumônier
clandestin volontaire au service spirituel des requis du STO.
Resté peu de temps actif à Wuppertal, du 10 octobre 1943 au
19 avril 1944, il fut vite emprisonné par la Gestapo conformément
au décret de persécution édicté en décembre 1943 contre
l'apostolat catholique clandestin. Puis il fut déporté à Dachau
le 28 novembre 1944 où il ne refusa pas de mourir en martyr,
le 12 janvier 1945 : « J'espère m'en tirer, mais si je dois y
rester, c'était prévu au départ et c'était offert pour l'Église
et la classe ouvrière », avait-il dit au père Riquet qui lui donna
l'Eucharistie en communion pour la dernière fois.
Dans sa postface, M<sup>gr</sup> Molette, postulateur général de la
cause de béatification des «Cinquante», replace le père Dillard
dans cette admirable page de l'histoire de l'Europe chrétienne :
une page de l'histoire nationale et l'une des plus grandes pages
de l'histoire de l'Église de France.