La Fayette nous voilà ! : les Américains dans la Grande Guerre

Les Poilus - et tous les Français ! - attendaient avec impatience «les chars et les Américains».
Quand, en avril 1917, les États-Unis se jettent enfin dans la bataille, l'espoir renait dans les
rues et dans les tranchées. On imagine mal aujourd'hui la ferveur et l'enthousiasme suscités
par le débarquement à Boulogne, le 13 juin 1917, du général Pershing et de sa poignée de
«Sammies», avant-garde encore bien symbolique d'un corps expéditionnaire qui, en moins
de deux ans, va faire basculer le sort des armes en faveur des Alliés. Lorsque sonnera le
clairon de l'armistice, plus d'un million de soldats américains seront en ligne, tout auréolés
d'une gloire gagnée à Cantigny, au bois de Belleau, à Saint-Mihiel ou dans l'Argonne. Et près
de 50 000 de ces garçons venus de Brooklyn, Harlem, Providence ou Dallas reposeront dans
la terre de France, ou auront disparu à tout jamais dans l'enfer des bombardements, les
corps à corps ou les attaques aux gaz.
C'est leur histoire, finalement très mal connue des Français, que ce livre raconte, par le texte
- une somme rédigée par les meilleurs historiens et civilisationnistes - et par l'image : plus de
2 000 photographies, dessins et documents d'une qualité exceptionnelle, fruit d'années de
recherches dans les archives du monde entier, légendés avec soin par des iconographes qui se
sont souvent transformés en détectives pour en retrouver l'origine et pour identifier, dans la
mesure du possible, les scènes ou les personnages représentés.
Au-delà des batailles où s'illustrèrent les Sammies, cet ouvrage monumental retrace les
étapes de l'entrée en guerre d'une nation longtemps indifférente aux malheurs de l'Europe,
souligne le rôle décisif du président Wilson, et montre comment ce dernier réussit à
convaincre ses compatriotes de rompre avec l'isolationnisme. À cet égard, «La Fayette nous
voilà !» offre une vision originale et vivante de cette Amérique que l'on ne connaissait guère
à l'époque que par les textes d'Alexis de Tocqueville ou les Wild West Shows de Buffalo Bill,
mais qui, en réalité, était déjà la première puissance industrielle du monde. C'est un véritable
«choc des civilisations» que ce livre nous fait vivre : celui que produisit l'arrivée, sur un Vieux
Continent encore ancré dans ses traditions et ses habitudes séculaires, de millions de jeunes
hommes venus de New York, de Virginie ou du Kansas au nom d'une certaine idée de la
démocratie et de la liberté. Par leurs uniformes fonctionnels, leur nourriture industrielle,
leurs rythmes syncopés, leur machinisme triomphant, leur incroyable modernité qui fascinera
tant les Européens, les «doughboys» de la Grande Guerre incarnent la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et
l'avènement triomphal du monde d'aujourd'hui. Et les pages héroïques écrites avec leur sang,
leur sueur et leurs larmes par ces frères d'armes venus d'Amérique font à présent partie de
notre histoire et de notre mémoire, au même titre que le débarquement du 6 juin 1944 ou
la Libération de la France par les GI's.