L'incendie

Trois personnages - un adolescent d'origine maghrébine,
une jeune fille appartenant à la communauté juive
et le maire d'une petite ville de province -, sont les protagonistes
du drame. Comme dans les tragédies antiques,
le destin pèse sur les tristes héros, qui ignorent ce
qui les meut. Le maire est cynique, blasé et corrompu.
L'adolescent, orgueilleux et susceptible, souffre d'une
blessure narcissique. La jeune fille, idéaliste, rêve d'un
monde sans haine mais aussi de quitter l'enfance.
Avec un art consommé, Bernard Dilasser mène son
lecteur vers la catastrophe finale. Comme dans La Mort
d'Actéon , son premier roman, l'auteur donne une dimension
mythique au drame contemporain qu'il met
en scène, illustrant à sa façon les vers de Dante qu'il
place en exergue à son livre : «Embourbés, ils disent :
"Nous fûmes tristes / dans le doux air que le soleil
égaie, / portant dedans fumée d'indifférence : / maintenant
nous attriste la boue noire."»