La terre qui meurt

À la Fromentière, vivent les Lumineaux, vieille famille de métayers
maraîchins, depuis tant de générations qu'on ne sait plus les compter.
Il y a d'abord Toussaint Lumineau, le père, attaché à la terre qu'il
cultive par un amour viscéral. Courageux et fier, il a bien du mal avec
ses enfants, à commencer par Mathurin, l'infirme, amoureux transis,
mauvais à force de malheurs, puis François et Lionore, paresseux,
éternels insatisfaits qui vont quitter la terre pour une vie qu'ils pensent
meilleure à la ville. Mais le vieux Toussaint espère encore. Ne reste-t-il
pas Driot, le beau chasseur d'Afrique qui doit revenir reprendre
les rênes ? Mais Driot saura-t-il résister au chant des sirènes de
l'Amérique ? Et qu'adviendra-t-il de la fraîche et généreuse Rousille
qui a «donné son amitié» au valeureux Jean Nesmy, un «dannion»,
un boquin, valet de surcroît, que le fier Toussaint a chassé ?
L'intrigue se déroule sur fond d'abandon de la terre par ses
propriétaires de l'aristocratie, et pendant l'implacable exode des fils
de fermiers et métayers vendéens.
René Bazin nous livre là un témoignage poignant de la vie paysanne
à l'entrée du XX<sup>e</sup> siècle, dans ce merveilleux marais vendéen secret et
mystérieux, qu'il sait si bien dépeindre.