Ethique et recherche biomédicale : rapport 2005

Le rapport annuel du CCNE invite le lecteur à un regard d'ensemble
sur la réflexion éthique consensuelle des membres qui le composent
en dépit de la diversité et de la singularité de chacun de ceux qui
s'y trouvent réunis, au hasard des renouvellements annuels.
Succès habituel de la séance annuelle qui attire toujours un nombreux
public. Le thème de réflexion qui portait sur la possibilité
de manipulation du comportement est d'une brûlante actualité en
notre époque où les diverses techniques de communication envahissent
notre quotidien et où la cybernétique est venue s'ajouter
à la liste des drogues aux effets addictifs qui menacent surtout les
plus jeunes.
L'avis n° 87 sur le refus de traitement évoque le «droit» au refus de
césarienne fondé sur des exigences culturelles, alors que le médecin
a le «devoir» de dispenser les soins conformes aux données les
plus récentes de la science. Que dire aussi du refus de traitement
présenté comme le droit d'une personne souffrant de tuberculose,
source certaine de propagation ?
L'accès aux origines et au lever du secret de la filiation envisage
les questions éthiques liées aux conséquences que pourraient avoir
bien des révélations tant pour la personne concernée que pour les
familles et partant, la société tout entière (avis n° 90).
L'éthique est un questionnement. L'éthique ne saurait être normative.
Un avis du CCNE est le résultat d'une vision consensuelle d'un sujet
abordé par l'ensemble de ses membres, à un moment donné.
Il ne saurait y apporter une réponse définitive et sans appel qui mettrait
un terme à la réflexion, à la critique, au débat.