La panthère de Sangatte

«... La bête marchait entre les sillons, posant les pattes
avec précaution sur l'étroite ligne de terre, l'arrière-train se
déhanchant souplement. Régulièrement, elle s'immobilisait
pour examiner les alentours, sa longue queue battant l'air latéralement,
puis, sans précipitation, elle se remettait en route. Elle
s'arrêta à nouveau et tourna la tête vers le village en contrebas.
Les jumelles collées sur les yeux, Mercedes déglutit : les prunelles
vertes la fixaient intensément comme pour lui dire "Regarde-moi
bien, prends tout ton temps pour m'examiner parce que moi aussi
je te regarde"...»
En pleine période estivale, une panthère noire se promène en
liberté sur la Côte d'Opale. Plusieurs témoins l'auraient aperçue
du côté des deux Caps ; la gendarmerie la traque, mais elle se
méfie et se cache. D'abord simple sujet de curiosité, sa présence
devient un objet de crainte quand on découvre trois cadavres dans
un blockhaus. Sauf que ces trois hommes n'ont pas été tués par
un animal. Comme la panthère, ils se terraient. Eux attendaient de
pouvoir passer en Angleterre.