La problématique du mal dans une philosophie de l'existence

Les philosophies de l'existence ont leur point de départ
dans l'étonnement de l'homme face au mal qui se manifeste
dans les catastrophes, la maladie, la mort, les actions
mauvaises et la volonté pervertie des hommes, enfin à travers
l'histoire. Ce mal se traduit à la fois dans une déchirure du
moi existant et par la perte de toute possibilité d'altérité. Et
l'absence de Dieu retourne l'accusation sur l'homme dont la
responsabilité semble être totale, y compris dans la faillite de
la raison universelle à instaurer «une vie bonne». Dès lors,
la philosophie n'a-t-elle pour seule issue que la description
sans cesse réitérée de ce mal ou est-ce l'occasion pour
elle de se poser la question de l'homme, non plus comme
concept universel, mais comme singularité concrète, comme
personne ? Si le moi conscient cherche à se connaître d'abord
à travers la multiplicité de ses vécus par une phénoménologie
qui est aussi psychanalyse existentielle, il se découvre ensuite,
non pas en tant qu'être posé, mais comme personne unifiée,
un «je suis», par un jugement analogique de l'intelligence à
partir de la recherche de ce qui est un bien pour l'homme, qui
est métaphysique de la personne. Philosophie de l'existence
qui devient philosophie de l'exister concret de la personne,
regard sur le mystère qu'elle est comme profondeur de la
rencontre et exister philosophique qui s'achève dans l'unité
réalisée par l'amour.