Moi, maton, j'ai brisé l'omerta

Moi, Maton, j'ai brisé l'Omerta
Lorsque Éric Tino reçoit son courrier d'admission à l'école des surveillants pénitentiaires, il est soulagé. Ce statut de fonctionnaire est la garantie d'un emploi à vie. Fini les petits boulots. Le jeune homme s'imagine que les ennuis sont derrière lui. Mais il se trompe lourdement. Éric va découvrir au fil des années que, dans le milieu carcéral, la violence n'épargne personne. Si les statistiques officielles dénombrent chaque année les agressions entre détenus et envers les gardiens, le ministère de la Justice omet de comptabiliser les violences commises par le personnel sur les détenus. L'administration pénitentiaire cultive le secret et les non-dits.
Cette omerta, Éric, au début, ne s'en préoccupe guère. Syndiqué, il défend coûte que coûte les matons. Mais le 7 novembre 2006, il assiste au tabassage d'un détenu par deux collègues. Choqué, il les dénonce à la gendarmerie, soutenu par sa direction. La promesse qui lui est faite de protéger son anonymat n'est pas respectée et quelques jours plus tard, son nom circule dans les coursives comme celui du « traître », de la « balance ». Le surveillant devient dès lors l'homme à abattre. Éric voit sa vie et celle de son épouse, également surveillante pénitentiaire, se muer en une longue descente aux enfers.