Aba, revue internationale des lettres et des sciences sociales, n° 5 (2017)

Abá, 5, Septatme 2017
Le développement des technologies de la communication, l'interconnexion des peuples et, osons le dire, les tensions démocratiques engendrent un démantèlement célère des représentations et normes ayant longtemps organisé notre connaissance des autres et du monde. Et si les Africains n'en sont plus à prouver qu'ils étaient aptes à la connaissance scientifique et littéraire, un nouvel afro-pessimisme tend à leur refuser quelque capacité d'organisation stratégique pour atteindre le bien-être collectif. Cet imaginaire s'alimente d'une foison de cas politiques. La réponse apportée est un contre-discours victimaire et brouillon, qui ne permet pas la lucidité sur la cohérence de fulgurances (de plus en plus nombreuses) de succès africains. Probablement doit-on regarder autrement l'Afrique pour comprendre que l'écume des bonnes surprises cache des mutations profondes de sa société. Prenons cette revue comme parangon de ce dynamisme : les moyens d'un groupe restreint d'enseignants camerounais permettent-ils d'entretenir, de garantir la qualité tout en assurant la régularité des parutions d'une revue internationale ?
Même si ce numéro est varia, il rassemble premièrement des articles dont la volonté est de saisir les pratiques quotidiennes avec des outils différents : on comprend bien que l'innovation, le renouvellement des théories et des méthodes sont au coeur des préoccupations de l'intelligentsia africaine.