Comment peut-on être un intellectuel au siècle des Lumières ?

Voltaire, Diderot, Rousseau, d'Alembert, et tant d'autres...
Ces noms claquent comme les étendards des Lumières !
Les Philosophes sont présents partout où une injustice doit
être réparée, une superstition dévoilée, une imposture abattue.
Ils soutiennent les libertés face au Pouvoir et face à l'Église. Ils
sont les premiers intellectuels modernes.
Pour autant, que signifie «être philosophe» au siècle des
Lumières ? De qui se compose cette République des lettres ?
Comment ces intellectuels se comportent-ils entre eux ? Quels sont
leurs parcours respectifs ? Comment le Pouvoir les regarde-t-il ?
L'auteur analyse la frénésie d'idées qui fait alors vibrer la France
cultivée, à travers les livres mais aussi au théâtre. Il dépeint les
Philosophes dans leurs rapports avec les puissants. Mais il les
montre en même temps sous leur masque le moins héroïque : celui
des tensions, des espérances et des violences de la société dont ils
sont l'expression, souvent les initiateurs, parfois les victimes. Car
s'il est juste de les admirer, il est nécessaire de les démythifier. Ils
portent la marque des préoccupations intellectuelles, mais aussi
des convulsions spirituelles, sociales et politiques d'un âge plein
de grâce et de fureur dont le message nourrit encore l'humanité,
en dépit d'efforts sournois pour le disqualifier.
Comme le disait Emmanuel Le Roy Ladurie à propos d'un
précédent ouvrage de l'auteur ( La Noblesse au XVIII<sup>e</sup> siècle ) :
« Chaussinand, et c'est l'essentiel, a cassé en chemin, de 1700 à
1788, les images d'Épinal les plus vénérables. Il n'est de bon livre
qu'iconoclaste. » Et de fait, de livre en livre, cet éminent historien
poursuit sont travail de «relecture» du siècle des Lumières.