Ceux de la plaine

«Avez-vous remarqué comme les granges sont belles et imposantes
par ici ? Ils y mettent ce qu'ils ont de plus beau : leur argent ! Par chez
nous, les femmes y déposent leur virginité et les hommes y mettent leur
âme, dans les granges. Je vais vous dire : lorsque ces hommes couchent
une femme dans un champ, ne croyez pas qu'ils se retirent de peur de
les engrosser. Non, c'est une façon d'ensemencer la terre. Leur jouissance,
c'est la terre, leurs terres et leurs bêtes, et seulement ça ! Rendre
leur femme heureuse... mais c'est le cadet de leurs soucis !»
Dans la plaine du Vaunard se croisent des personnages hauts en
couleur, mais aussi taiseux, semblables à la campagne alentour, dure,
contrastée, jalouse de ses secrets et de ses mystères. D'une plume
sobre et magnifique, Olivier Maison nous offre un tableau de ce bout
de terre, à la fois violent, poétique et crépusculaire.