Elégies crépusculaires : poèmes

Les Équatoriales étaient une promesse précoce, dont l'oiseau
angélique déployait des ailes profondément éprouvées par l'infortune.
C'est que, déjà, le dire marchait dans la grande tourmente des mots
abusivement interdits par les mensonges du temps. Promesse qu'allait
raviver le recueil suivant... Entre les deux, un troisième texte poétique,
rigoureusement en mutation, Mots d'Exil , égrené comme une sonate
révoltée, où le séjour parisien du poète, en dépit de ses espoirs radieux,
dévoile sa complainte exilique.
Puis vinrent les Élégies crépusculaires , le long poème transgressif,
en saccades, texte de maturité libérant la Bile noire de la Muse du soir,
la passagère de la planète de Saturne, incompressible, revêtue de son
voile sombre, à la manière du Diable dans Amadeus Mozart , réclamant
au musicien prodigieux le Requiem qui, ironie du sort, allait
accompagner le poète agonisant au fond de la terre. Un poème long,
rythmé en mouvements irréguliers, dans un diallèle où la Nuit est sans
cesse pourchassée par la lente convulsion des poèmes-prières. Il eut
fallu un poème gageant la nouveauté et la fraîcheur d'une vision pour
dire les attentes longues, insupportables, agoniques même, d'une liberté
espérée de tout le continent africain jusqu'à sa lointaine diaspora,
depuis déjà des âges. 60 ans de libertés différées.