Fin de rêve à Saint-Domingue : aux premières loges de l'histoire dominicaine

«Partout, on entendait le même mot résonner, envahissant les
rues et les patios environnants, ce mot que la foule crie, scande et
applaudit. Qui nous pousse à aller de l'avant, à nous tenir
ensemble, à prendre conscience de notre force. Ce mot tant de fois
pensé, rêvé, sans avoir jamais pu auparavant ne serait-ce qu'être
balbutié aux quatre vents. Ce mot brandi ailleurs, autrefois, dans
les rues de Bogotá, Buenos Aires, La Havane et Caracas, et qui
devra sûrement être repris plus tard, toujours, sous d'autres latitudes,
dans d'autres continents. Ce mot qui, dans un rituel sans
cesse renouvelé, à force d'être martelé, finit par démolir les murs
de l'oppression, qui ainsi chanté fait battre vite le coeur des révoltés,
et fait même sortir des larmes de leurs yeux. Ce mot qui n'est
jamais aussi cher que lorsqu'il n'a pas de prise sur la réalité. Ce
mot, enfin, si humain, si beau dans toutes les langues, et qui dans
la mienne, dans celle de ma famille et de mon peuple, se prononce :
"Libertad" !»
Résister à l'impitoyable dictature de Trujillo,
prendre part à la transition vers la
démocratie. Epopée hasardeuse, tragique
même, que l'auteur dépeint ici à travers l'engagement,
les valeurs et le style d'une classe
moyenne éclairée, aujourd'hui disparue,
dont il est issu.