Edouard André : une famille, un homme, une collection : de la banque au musée Jacquemart-André

Édouard André, aidé de sa femme Nélie
Jacquemart, fait de son hôtel particulier un
lieu d'exposition des collections qu'il constitue
à partir des années 1850. Cet hôtel, le seul qui
nous soit parvenu dans son intégrité, est devenu
le musée Jacquemart-André.
Édouard André dispose d'un patrimoine
considérable hérité de sa famille, l'une des grandes
fortunes françaises. Les André, négociants originaires du Vivarais tôt
convertis à la Réforme, s'établissent à Nîmes en 1600. Ils étendent
leur «maison» à Genève et à Gênes, puis à Paris et à Londres.
Au XVIII<sup>e</sup> siècle, la maison André devient une banque renommée
qu'on retrouve au siècle suivant dans toutes les grandes opérations
financières, aux côtés de Jacques Laffitte ou des Rothschild. Avec
les Mallet, Hottinguer, Delessert, entre autres, elle représente
longtemps la haute banque protestante.
Virginie Monnier nous entraîne dans l'épopée de cette famille et
dans l'histoire de son dernier représentant. Grand collectionneur,
Édouard André fut aussi un précurseur qui revalorisa les arts
décoratifs. Au-delà de son image de dandy, il fut un propriétaire
désintéressé de la Gazette des Beaux-Arts, député du Gard, membre
fondateur de l'École libre des Sciences politiques et il poursuivit
avec fidélité la tradition philanthropique des siens.