Van Gogh

L'homme était un écorché vif, à la fois doux et rebelle, tout
en contrastes, en repliements ou en exaltations ; le peintre
Vincent Van Gogh vivra une aventure passionnée, celle d'un
«possédé» de son art qui le conduira aux confins de la folie.
Son oeuvre, dont il évoque les difficiles naissances dans ses
lettres bouleversantes à son frère Théo qui jalonnent sa vie, ne
s'étend que sur quatre années, de 1886 à 1890 ; il l'a réalisée
seul à travers les pires difficultés, de la Hollande à Paris où elle
s'éclaire des vibrations impressionnistes, à Arles où son amitié,
encore mal connue, avec Gauguin se brise sur la plus violente
des oppositions. Vincent se mutile l'oreille, hospitalisé il demande
à être interné pour prévenir ses crises.
Car désormais, malgré l'aide de Théo, il est seul ; la peinture
est sa vraie folie. De la Provence brûlante à Auvers-sur-Oise où
devant l'horizon des blés, il s'interroge avec passion sur lui-même,
la nature et la vie.
Sa mort - est-ce un suicide ? - est l'ultime sursaut de refus
de ce héros tragique, éperdu d'absolu, dont l'oeuvre, marquée
par le génie, reste une bouleversante leçon de vérité.