Actes du colloque international Gustave Doré, 1883-2013 : 22 & 23 mars 2013, Lyon

Gustave Doré : 1883-2013
De ses dessins de jeunesse pour la presse à son vaste programme d'illustration des chefs-d'oeuvre de la littérature qu'il rédige en 1855, G. Doré fascine par l'ampleur de sa production. De la simple vignette aux toiles immenses, du dessin à l'aquarelle, de l'art décoratif à la sculpture commémorative, l'artiste s'essaye aux différents domaines artistiques avec la même vivacité d'esprit et de création.
Considéré comme le plus « illustre » des illustrateurs, il n'aura de cesse de vouloir se faire accepter comme peintre, lui qui avait le « sentiment d'être né peintre ». Si l'Angleterre lui reconnaît ce talent en ouvrant, de son vivant, une galerie entièrement dévolue à ses toiles, la France lui refusera cet honneur de son vivant.
Au-delà de l'artiste fécond, de sa reconnaissance internationale et de cette recherche incessante de se voir accepter comme artiste peintre, il demeure celui qui a bouleversé l'art de la gravure sur bois et le métier d illustrateur. En cette année 2013, date anniversaire de sa mort, l'école de dessin Émile Cohl de Lyon souhaitait lui rendre hommage en organisant un colloque international. De ce projet est également né le Centre de Recherche et d'Histoire Inter-médias (le CRHI). La volonté de ce centre de recherche est d'intégrer le travail des artistes d'aujourd'hui, tous médias confondus, au discours scientifique et ce, pour comprendre de quelle manière leur recherche plastique et personnelle peut s'intégrer dans la recherche historique. En questionnant le legs des arts et des artistes du passé, c'est toute la production artistique d'aujourd'hui qui est mise en branle. Lors du colloque, le corps enseignant de l'école de dessin Émile Cohl a souhaité participer avec leurs étudiants à cet événement en organisant une exposition. Cette réflexion plastique et graphique, complémentaire aux actes du colloque, est accessible sur le site internet du CRHI (http://le-crhi.fr).
Artiste de son temps, Gustave Doré dépeint la société du XIX<sup>e</sup> siècle, la pauvreté et la misère humaine, les affres de la guerre de 1870. Artiste d'un temps, il nous entraîne par sa verve et son imaginaire dans les grands textes littéraires et sacrés. Artiste voyageur, il nous guide au travers de ses paysages romantiques de France, d'Angleterre, d'Ecosse, d'Espagne où le réalisme des effets climatiques et topographiques se mêle aux fantasmes d'un grand rêveur. Artiste devenu mélancolique, il nous révèle la larme qui se cache derrière le sourire.
Que reste-t-il aujourd'hui de cet artiste ? Vous aurez sans nul doute le dernier mot selon que vous soyez spectateur, lecteur, curieux, amateur, collectionneur, artiste, scientifique, critique ou simple promeneur.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un beau voyage sur les traces de G. Doré...
Cyril Devès