Visages de Mongolie

Paul De Gobert est un voyageur paysagiste. Il marche, regarde, s'arrête,
tire de sa poche son carnet de croquis et dessine, au crayon ou au
pastel. Autrement dit, il prend le temps de rendre compte des champs
visuels qu'au hasard de ses pérégrinations curieuses, à l'occasion, aventureuses,
il décide de mémoriser en quelques traits ou aplatissements
de pigments colorés. À l'instar du voyageur autour de sa chambre, il
peut s'attarder au champ étroitement focalisé de son jardin, s'attachant
à croquer sur papier quelques pommes récemment tombées ou
cueillies juste à temps, encore éclatantes de leur soudaine maturité, ou
bientôt pourrissantes en quelques recoins de son atelier. Mais, lorsque
l'occasion se présente, il devient promeneur solitaire, portant son
attention sur les variations chromatiques, les différences de vibrations
lumineuses, les tracés souples ou abrupts des contrées qu'il parcourt
patiemment dans l'attente du prochain arrêt sur dessin.
Michel Baudson
Si Paul De Gobert a choisi de parcourir une contrée aussi lointaine
que la Mongolie, c'est pour rencontrer des peuples aussi lointains que
différents et évoluant dans des contrées où la nature encore vierge
nous éblouit de sa beauté et de sa force généreuse. Des peuples nomades
y vivent encore dans une totale symbiose avec le milieu naturel,
teinté de culture chamanique, de traditions ancestrales. Les peuples
nomades sont malheureusement menacés par les pressions mondiales
du sédentarisme imposé et de l'exploitation des ressources naturelles.