L'Orient-Express : chronique d'un magazine libanais des années 1990

L'Orient-Express : chronique d'un magazine libanais des années 1990

L'Orient-Express : chronique d'un magazine libanais des années 1990
2009184 pagesISBN 9782351590843
Format: BrochéLangue : Français

L'Orient-Express : du nom d'«un train qui se hâte lentement». Dès

sa naissance, le magazine jouait l'effronterie et la contradiction. Il affichait

des ambitions assumées : «être un journal arabe en français», en renouant

le lien rompu entre le Liban réel, «arabe d'identité et d'appartenance»

comme le formule le texte constitutionnel, et un public francophone

volontairement ou non ignorant de faits politiques, sociaux, culturels

qui traversent le pays. Faire de la langue française un outil d'ouverture

plutôt que d'exclusion. Faire qu'au sein du Liban, sédimenté de mémoires

concurrentes et d'affrontements guerriers, un terreau commun se cultive,

et que vers le reste du monde, les regards, rendus curieux, se tournent. Être

«ici et ailleurs». Créer des «transcultures» où se côtoieraient Fayruz et

Patti Smith, Gilles Deleuze et Tayeb Salih, Portishead et Edward Saïd,

Salman Rushdie et NTM, Allen Ginsberg et Ounsi El Hage.

Cette identité multipliant les lignes, les facettes, n'empêchait

nullement des prises de position continuellement réaffirmées. D'un mois

à l'autre, L'Orient-Express n'a eu de cesse d'appeler de ses voeux un

Liban démocratique, laïc et indépendant, dans le maintien des solidarités

interarabes. La tragédie palestinienne est rappelée chaque fois que la

ponctue un nouvel espoir, rare, ou un nouveau crime. C'est en priorité aux

jeunes que L'Orient-Express désirait faire entendre ses appels au réveil

politique, pour qu'ils se battent pour une individuation de l'espace public

et leur droit au plaisir. Le premier numéro, novembre 1995 : «Quand la

politique faisait rêver», saluait les révoltes estudiantines des années 1960

et 1970. Le dernier, février 1998 : «Étudiants, et maintenant que faire ?»,

était consacré aux manifestations étudiantes de décembre 1997. Et puis

l'insolence pourtant salutaire de cette aventure journalistique a été intimée

au silence. Trop de brèches ouvertes dans un après-guerre amnésique...

Cette troisième édition des Cahiers de l'Ifpo donne à découvrir, ou à

redécouvrir, l'histoire, les enjeux et l'esprit de ce magazine francophone

dont la chronique est aussi celle du Liban des années 1990.

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