Savoir dire pour vouloir faire : la critique, une origine de la création

Savoir dire pour vouloir faire tente de remettre sur le métier notre connaissance
du cinéma classique et certaines de nos croyances en la possibilité
politique du cinéma, quand il ne réinterroge pas les codes de la vraisemblance
naturaliste.
Pour cela sont évoqués nombre des «Grands Classiques», de Lang à Renoir,
de Cukor à Buñuel, interrogés à l'aune de la psychanalyse, mais aussi d'un
néo-brechtisme appliqué tout particulièrement au film d'Histoire.
Savoir dire pour vouloir faire vaut également pour le dialogue entre Pascal
Kané et ses contemporains : Serge Daney et Louis Skorecki, interpellés dans
leur activité critique et ses enjeux esthétiques et idéologiques, mais aussi
plusieurs cinéastes des années 70, de l'héritage assumé (Comencini, Polanski,
Truffaut) à ceux du renouveau (les Taviani, Jancsó, Téchiné...).
Savoir dire pour vouloir faire , enfin, donne l'occasion de visiter rétrospectivement
une époque plus théorisante et idéologisée que celle d'aujourd'hui,
et fait en outre apparaître l'écriture critique comme un exercice profitable
pour la mise en scène. Pascal Kané dit ici sa conviction que cet exercice fut
pleinement pour lui un acte de création. Le critique qu'il a été et le cinéaste
qu'il est devenu n'en font pas douter.