Le Maghreb face aux défis de l'ouverture en Méditerranée

Jusqu'à ces dernières années, il était communément admis
que la libéralisation des échanges était systématiquement
favorable à la croissance et au développement économique, au
point que cette idée avait acquis le statut d'un fait stylisé,
légitimant les politiques de libéralisation et d'ajustement
engagées dans la plupart des pays du monde et, en particulier,
dans ceux de la zone Méditerranée. Nonobstant ce consensus,
de nombreux bilans actuels montrent que la libéralisation
produit des effets beaucoup plus contrastés voire, à certains
égards, contradictoires. Notamment, si l'ouverture commerciale
a drainé richesses, revenus et capitaux vers certains territoires,
bien positionnés dans la compétition régionale et mondiale,
elle a à l'inverse accéléré le recul économique, et parfois la
désindustrialisation, dans d'autres territoires en mal de
compétitivité. Le Maghreb n'échappe pas à ce constat. Sous son
apparente unité de destin sociologique et culturel, émerge une
pluralité de situations de réussite et d'échecs dans le domaine
des politiques industrielles et commerciales. Ici, plus
qu'ailleurs, l'interrogation redevient entière quant à l'aptitude
de la libéralisation à promouvoir ce qui est l'exigence première
des temps actuels, c'est-à-dire un développement
économiquement efficace, socialement équitable et
écologiquement viable. C'est à ce débat, à la fois vaste et
exigeant, qu'invite le présent ouvrage de «l'Observatoire de
l'émergence en Méditerranée».