Les chansons secrètes de Bilitis et autres poèmes libertins

Le deuxième recueil de Pierre Louys, L es C hansons de
B ilitis (1894) qu'Yves-Gérard Le Dantec considère comme
«un de ses chefs-d'oeuvre et l'un des plus heureux
spécimens des poèmes en prose jamais conçus dans
notre langue» est resté célèbre en tant que supercherie
littéraire. Louys mystifie la critique en le prétendant
traduit du grec et en l'attribuant à une poétesse de
l'âge lyrique, Bilitis, contemporaine et amie de Sapho
dont elle partage les goûts. Pour satisfaire les puristes,
l'ouvrage est précédé d'une Vie de Bilitis, retracée par
l'auteur et suivi de plusieurs pages de notes.
L es C hansons de B ilitis fut le premier livre de Louys à
susciter parmi les critiques et le public lettré de
nombreux échos. Mallarmé vit en ce livre «une
merveille». «C'est une bonne surprise», devait écrire
Jules Renard. Quant aux hellénistes, ils eurent vite fait
d'éventer la supercherie.
A ce recueil resté célèbre, Pierre Louys a composé
une suite intitulée L es C hansons secrètes de B ilitis d'une
tonalité beaucoup plus érotique que nous publions
intégralement ici. Nous l'avons fait suivre d'un choix de
poèmes érotiques de styles très variés composés entre
1890 et 1920. Ceux-ci n'ont été édités clandestinement
qu'après la mort du poète et sont restés longtemps
interdits de publication.