Dictionnaire culturel de l'orientalisme

Devenu une «préoccupation générale», comme l'écrit Victor
Hugo dès 1829, l'Orient n'a cessé de féconder la création artistique des
XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles. Sous l'effet des évènements politiques, du développement
des voyages, les contacts avec le monde arabo-musulman enrichissent
une connaissance jusqu'alors souvent limitée à celle des Mille et Une Nuits.
L'approche de l'altérité, la confrontation avec d'autres horizons
géographiques, la révélation de langages plastiques inconnus ouvrent la voie
à une perception nouvelle de l'espace et du monde. Cette connaissance
de terrain ne fait pas pour autant table rase des acquis culturels de
l'Occident et c'est bien la rencontre de l'autre et de soi qu'il faut entendre
par «orientalisme». Avec ce dictionnaire, qui souhaite ne pas être celui des
idées reçues, cette sensibilité nouvelle est abordée dans toute sa diversité,
par des articles qui soulignent l'ampleur culturelle et l'interdisciplinarité
du mouvement orientaliste. Si la peinture joue le premier rôle, elle ne peut
être dissociée de l'expression littéraire, fondamentale, aussi bien dans les
récits de voyages que dans les oeuvres de fiction, et de toutes les
manifestations artistiques qui se sont enrichies au contact de l'Orient, telles
que l'architecture, les arts décoratifs, la musique ou le cinéma.