La balade des noyés

Une péninsule ibérique où il fait bon mourir.
Deux types traversent la Manche, le cadavre d'un immigré clandestin dans le coffre de leur voiture. Lors de ce voyage exceptionnel, quasi métaphysique, ils bavardent, s'interrogent, débattent. «Je pense pas que je les tue, clame l'un des deux tueurs-philosophes afin d'apaiser l'angoisse croissante de son compagnon, je pense qu'ils meurent.» «Naître et mourir, explique son interlocuteur, c'est pareil pour tout le monde.» Que peuvent signifier ces crimes dans un contexte où le racisme compose un sujet d'actualité certes violent et cruel, mais tellement actif dans notre belle Europe contemporaine.
La Balade des noyés est un voyage métaphorique où en dépit du crime, on cherche à avoir la conscience propre. Dans ce roman exclusivement dialogué, nos deux personnages affrontent une réalité criminelle qui leur échappe continuellement en même temps qu'ils en sont les initiateurs. Sous les airs d'une conversation anodine, ce roman génère un décalage qui distille un humour noir décapant et provocant à souhait.