La révolte d'un rescapé face au silence de l'histoire : récit

L'antisémitisme ambiant des années 30, durant lesquelles se
passa l'adolescence de l'auteur, l'amena tout naturellement
à l'antifascisme et à un socialisme de coeur.
Dès juin 40 il résista : contre l'armistice, contre le régime
qui se mit en place, contre les personnalités qui le soutinrent
avec l'espoir d'une revanche.
Cependant son ascendance le rattrapa et les mesures
antisémites promulguées par Pétain le contraignirent à la
clandestinité.
Alors agent de liaison à Toulouse, il dut quitter la ville fin
1943 par sécurité et partit pour Lyon en février 1944 où il
rejoignit l'AS (armée secrète).
Arrêté le 8 mars et interrogé par la Gestapo (École de
Santé à Lyon), il se déclara juif et nia être résistant.
Paradoxalement, ce mensonge lui sauva la vie : 15 jours
de prison au fort Montluc, puis Drancy, et le 27 mars 1944,
on le mit dans le convoi 70 pour Auschwitz. Il réussit à sauter
du train et fut recueilli dans la Meuse par un cheminot.
C'est depuis cette période qu'il est hanté par une question
qui restait sans réponse : pourquoi 6 millions d'êtres
humains ont-ils été arrêtés, convoyés par trains entiers vers
des camps d'extermination et massacrés dans des «usines»
spécialement construites à cet effet, sans qu'aucune voix ne
s'élève pour le condamner ?
C'est la conclusion de ses recherches que vous trouverez
dans ce réquisitoire.