L'Afrique vue d'Afrique : regards croisés

L'écriture de cet ouvrage s'est avérée être un exercice périlleux. En
effet, l'objet consistait, d'une part, à démontrer que l' Art Nègre
n'est pas un fait de la préhistoire et qu'il persiste encore de nos
jours, sous des formes multiples qui vont au-delà des masques et
des statuettes ; d'autre part, l'auteur a dû interroger sa pratique
personnelle pour démontrer que son inspiration de peintre
sculpteur s'enracine dans cet Art Nègre.
Au regard des nombreuses études connues et disponibles dans
les grandes bibliothèques - tant en ethnologie qu'en esthétique -
l'ambition de ce travail visait surtout à compléter et à éclaircir le
débat autour de l'Art Nègre : tantôt objet ethnologique chez les uns,
tantôt objet esthétique chez les autres. Et l'auteur rend ici hommage
à deux grands défenseurs de la culture noire : Amadou Hampâté Bâ,
le sage de Marcory et le professeur Georges Niangoran-Bouah qui
l'auront largement éclairé par l'acuité de leurs recherches.
Enfin, ce livre donne l'occasion de montrer une Afrique «vue
d'Afrique» : là où l'art, dans son sens le plus ouvert, est parole
(contes, dictons et proverbes), fêtes et cérémonies commémoratives
(chants, danses, costumes, coiffures, coiffes et parures), là où poésie
et dramaturgie se mêlent, s'entrelacent continuellement pour donner
vie aux formes et aux couleurs.