La métamorphose de Sarkozy

Nicolas Sarkozy ne voulait pas être un président comme
les autres. La rupture passait aussi par-là, avec le style et
la façon de présider de ses prédécesseurs. Résultat : il a flotté
sans cesse entre l'hyper-président et le candidat permanent, au
risque d'agacer puis de désorienter durablement les Français.
Sans doute ne s'attendait-il pas à susciter autant de réactions,
ni autant d'hostilité, lui qui pensait pouvoir réformer la France et
changer le monde.
S'il ne devait pas être élu en mai 2012, l'histoire retiendrait qu'il
a perdu dès le soir de son élection de 2007, lors de cette fameuse
nuit du Fouquet's. La faute de Cécilia, qui, par ses états
d'âme, lui a gâché le plus beau jour de sa vie ? Est venue ensuite
l'époque cruelle des humiliations de son Premier ministre, de ses
ministres, de ses collaborateurs. C'était le temps des valses-hésitations,
des effets d'annonce, des postures de matamore.
Peu à peu, Nicolas Sarkozy a tenté de retrouver un style plus
présidentiel. Mais cette métamorphose n'intervient-elle pas trop
tard ? Le ressentiment des électeurs est-il si puissant au point
que tous ces efforts ne servent à rien ? Et peut-on changer à
57 ans ?
À toutes ces questions, Bruno Dive tente de répondre, en s'appuyant
sur des anecdotes et des témoignages. Sans oublier
de dresser le bilan d'un quinquennat, au cours duquel Nicolas
Sarkozy aura néanmoins passé beaucoup de temps à défaire ce
qu'il avait fait.