La chaise finale

Un être normal, tout juste singulier, se sent au bord du
vide, ou plus exactement en bout de course dans ce monde
devenu fou.
Il regrette les plages sauvages des vacances de son
enfance qui s'étendaient à perte de vue, la créativité de ses
débuts professionnels où l'imagination fonctionnant à plein
régime faisait que l'on ne «s'emmerdait» jamais.
Ce créateur de bonheur pendant un demi-siècle, se
trouve fatigué, épuisé, vidé de cette substance qui nourrissait
activement son grand optimisme.
En dernier recours, comme un paroxysme du non
sens auquel il se heurte, impuissant, il décide de mettre fin à
ses jours, mais sereinement et proprement, c'est-à-dire sans
souffrir et sans trop faire de peine.
Le désir de vivre aura-t-il raison des subtiles
attractions de la force obscure ?