Les Cent-jours

« Écrire l'Histoire est une façon comme une autre de se libérer du passé. »
Johann Wolfgang von Goethe
Acteur, penseur, témoin de l'Histoire, Chateaubriand traversa son siècle en homme d'engagement. Interrogateur de l'héritage révolutionnaire, intellectuel lucide des hérédités du légitimisme, conseiller des gouvernants, pairs de France, Ministre d'État, ambassadeur, homme conciliant l'écrit et l'action, ses engagements l'ont placé aux premières loges de l'Histoire en marche. Lorsque l'Empire se termine, il anticipe et craint la trop grande excessivité des hommes du Roi. Louis XVIII est un homme en décalage avec son époque, son pays et son peuple. Chateaubriand le sait, il le comprend, tout en le craignant. Pendant les Cent-Jours, le « vol de l'aigle », Chateaubriand est là, tout à côté de ceux que l'on chasse, de nouveau. S'en suit l'exil, la rancune, l'envie de revanche, funestes intentions. Chateaubriand n'y pourra rien, son « parti » n'a décidément rien compris à l'Histoire en marche. Son récit des Cent-Jours est lumineux pour ça : pour ce qu'il nous montre de cet exil, pour ce qu'il nous dévoile de ses impasses, mais surtout pour ce qu'il nous restitue. C'est en sa qualité de membre du cabinet de Louis XVIII que Chateaubriand l'étaye. La précision est d'importance. Un acteur des Cent-Jours a fait ce récit. C'est ce témoignage nourrit du feu des événements que nous avons voulu donner à lire.