Albert Camus (1913-1960) : la révolte et la liberté

Camus philosophe ? Oui, absolument, écrit Bernard-Henri Lévy. Mais d'un genre
un peu particulier, «un philosophe artiste. Un philosophe qui n'a jamais séparé
sa vie de son aventure de pensée et a toujours joué, donc, le double jeu d'une vie
écrite et de livres intensément vécus» . Et BHL de conclure : «Énergie et probité.
Vérité et, quand il le faut, colère. Un autre maître. Un très jeune maître. Impossible,
même et surtout quand on est sartrien, d'avoir raison contre Camus.»
L'oeuvre
Camus est un des rares écrivains français à avoir accédé à une réelle
universalité. «Il représentait en ce siècle, et contre l'Histoire, l'héritier
actuel de cette longue lignée de moralistes dont les oeuvres constituent
peut-être ce qu'il y a de plus original dans les lettres françaises» , écrivit
Jean-Paul Sartre. Nous publions dans ce hors-série les textes clés du
romancier, philosophe et journaliste.
Le journalisme
Albert Camus considérait les journalistes comme des «historiens
au jour le jour, dont le premier souci est la vérité» et le journalisme
comme «le plus beau métier du monde». Ce métier, il l'exerça à
Alger républicain , au Soir républicain , à Combat et à L'Express et
en posa les commandements dans un texte longtemps resté inédit
et publié dans cette réédition après avoir été révélé par Le Monde.
D'Hiroshima à la peine de mort, du terrorisme à la politique, dans des
essais ou dans des articles, Camus ne cessa d'intervenir dans le débat
public. Certains de ses textes provoquèrent d'importantes polémiques.
L'Homme révolté , dans lequel il se livrait à une critique en règle de tous
les totalitarismes, marqua la fin de son amitié avec Jean-Paul Sartre.