L'unité en science du langage : actes des neuvièmes journées scientifiques du réseau thématique lexicologie, terminologie, traduction : Paris, 15 et 16 septembre 2011

La notion d'unité est au coeur de tout débat scientifique dans la mesure où toute science
se donne comme premier objectif la définition rigoureuse de son objet d'études. Les
lexicologues, terminologues et traducteurs savent très bien qu'il n'est pas facile d'arriver
à un consensus large sur des concepts, pourtant fondamentaux, comme la lexie, le
lemme, le terme ou l'unité de traduction. On connaît parfaitement aussi, pour les
avoir souvent subis, les inconvénients sérieux que présente le manque d'une définition
formelle et largement acceptée par la communauté scientifique de ces notions-clés.
Cependant, la question de l'unité ne s'épuise pas là. La double face du signe saussurien
a cédé progressivement la place à une conception triadique comprenant signifié,
signifiant et combinatoire. Il va de soi que cette formule compositionnelle s'applique
aux autres unités linguistiques segmentales : les morphes, mais également aux unités
suprasegmentales, les prosodèmes, dont la description pose des problèmes sérieux et
exige des outillages théoriques et méthodologiques qui ne sont disponibles que pour
un nombre restreint de spécialistes.
Par ailleurs, les morphologues connaissent bien deux types d'unités linguistiques dont
le signifiant n'est pas directement perceptible, puisqu'il s'agit d'une opération : les
modifications (répliques et alternances) et les conversions. Et les syntacticiens, à leur
tour, semblent encore loin d'avoir épuisé la description des syntagmes, spécialement
dans une perspective contrastive.
Telle est la thématique abordée dans ces actes des 9<sup>es</sup> Journées scientifiques du réseau
LTT, organisées à Villetaneuse les 15 et 16 septembre 2011.