Jeunesse et sports : l'invention d'un ministère : 1928-1948

Jeunesse et sports : l'invention d'un ministère : 1928-1948

Jeunesse et sports : l'invention d'un ministère : 1928-1948
2017666 pagesISBN 9782865802302
Format: BrochéLangue : Français

Jeunesse et sports

L'invention d'un ministère

(1928-1948)

En 2016, le ministère de la Jeunesse et des Sports a fêté, dans la plus grande discrétion ses soixante-dix ans tandis que la figure de Léo Lagrange, même modestement, était célébrée en même temps que les quatre-vingts ans du Front populaire, avec plus d'écho. L'identité et la genèse de Jeunesse et Sports sont donc au coeur de cet ouvrage qui étudie l'invention de ce ministère et sa construction administrative, au gré des expérimentations successives portées par des intentions politiques diverses. Ce texte interroge l'évolution des intitulés (éducation physique, sports, jeunesse, loisirs, éducation populaire) significatifs d'affichages ou de programmes politiques spécifiques et les rattachements successifs, souvent en accordéon à des entités ministérielles variables : l'Armée, l'Éducation nationale, la Santé. Il accorde également une place essentielle aux hommes qui ont « fait Jeunesse et Sports » : les ministres ou secrétaires d'État (parfois très connus comme Léo Lagrange ou Jean Borotra, souvent oubliés, comme Pierre Dézarnaulds ou Joseph Pascot) et leurs entourages, les directeurs d'administration centrale mais aussi « sur le terrain », les inspecteurs de la jeunesse et des sports.

Du sous-secrétariat d'État à l'Éducation physique d'Henry Paté en 1928 à la direction des sports de Gaston Roux en 1948, ce nouveau segment ministériel est structuré à la fois par des ruptures politiques telles que celles du Front populaire, de Vichy, de la Libération, alternant, au cours de ces vingt années, avec des continuités administratives. De 1928 à 1940, ce sont l'éducation physique et les sports qui donnent lieu à des structurations administratives au rythme d'une « valse à trois temps » mettant trois protagonistes en scène : l'Armée, la Santé et l'Éducation nationale. Le Front populaire, avec Léo Lagrange, puis Jean Zay, se préoccupent de nouvelles questions : celles des loisirs, de l'éducation populaire, de la jeunesse, mais ces thèmes ne sont pas traduits sur le plan administratif. En créant en 1940 un secrétariat général de la Jeunesse, confié à Georges Lamirand, le gouvernement de Vichy montre alors tout l'intérêt qu'il porte à ces questions. Pour l'administration de la jeunesse et des sports, Vichy représente un moment fondateur puisque c'est à cette période que les services extérieurs chargés de ce domaine sont mis en place avec la création de deux corps, les délégués à la jeunesse et les inspecteurs de l'éducation générale et des sports. À la Libération, après le temps de l'épuration, bien réelle pour cette nouvelle administration « mal née », le retour des espoirs de 1936 est incarné par Jean Guéhenno, directeur des Mouvements de jeunesse et d'éducation populaire. Mais ces espérances sont rapidement contrariées avec les compressions massives de personnels connues sous les funestes noms de commissions de la « hache » et de la « guillotine ». C'est dans ce contexte que le sous-secrétariat d'État à la Jeunesse et aux Sports est créé par Andrée Viénot en juin 1946.

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