Pétrole et violences au Congo-Brazzaville : les suites de l'affaire Elf

Le procès de l'affaire Elf, en 2003, à Paris, a établi les preuves d'enrichissement
personnel et de détournements de fonds opérés par des cadres
dirigeants de la compagnie pétrolière française Elf Aquitaine, principalement
par le biais de filiales à l'étranger, comme Elf Congo, dans le but de
les dissimuler au public français.
C'est pourquoi, douze ans plus tôt, en 1991, quand la Conférence
nationale souveraine congolaise exige un tout premier audit d'Elf Congo,
les autorités politico-pétrolières françaises paniquent. Avec l'aide de valets
congolais, elles décident ainsi de torpiller le processus démocratique en
cours. Résultats : quatre coups d'Etat dont deux mués en guerres civiles en
1993 et 1997, un massacre de populations civiles symbolisé par l'Affaire
des disparus du Beach en 1999, des élections frauduleuses en 2002, etc.
Depuis 1997, le Congo est redevenu une dictature. Les revenus du
pétrole sont détournés par la Société nationale des pétroles du Congo
(SNPC), usant des mêmes «mécanismes peu orthodoxes» qu'Elf hier.
L'accession du Congo à la PPTE est en principe compromise. Mais, en
soutien, les autorités françaises vont croiser le fer avec Paul Wolfowitz, le
président de la Banque mondiale, qui entend lutter sincèrement contre la
corruption et la pauvreté en Afrique.
L'auteur détaille les tenants et les aboutissants de ce drame franco-congolais,
en attendant d'autres révélations liées à une éventuelle levée du
Secret Défense que le gouvernement français oppose encore au juge français
Renaud Van Ruymbeke.