L'imaginaire poétique et social dans le champ littéraire martiniquais

Les rapports entre littérature et réalité ont toujours été
complexes. Chaque écrivain est confronté à un choix entre
réalisme historique et purisme esthétique. La question se
trouve renforcée chez les romanciers et poètes antillais du
fait de leur passé riche et tourmenté. Si certains décident de
faire de leur livre un lieu de mémoire, alors que d'autres
privilégient le récit de la vie contemporaine aux Antilles,
tous répondent à la visée esthétique exigée par leur art en
façonnant un langage poétique et un univers littéraire pleins
d'humour et d'ironie, de fantaisie et d'onirisme.
Le rôle du lecteur est alors d'interpréter ces récits, pour
réfléchir sur lui-même et sur le monde, ainsi que de s'interroger
sur les rapports entre réel et imaginaire. C'est ce à
quoi nous invite l'auteure, en relisant des textes martiniquais
de genres divers (poésie, théâtre, roman et conte), et
des auteurs tels qu'Aimé Césaire (l'inventeur de la négritude)
ou Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt 1992 pour
Texaco). Elle analyse ces tableaux de la vie martiniquaise
sur trois plans : celui de la fiction et du mythe, avec le carnaval,
par exemple : celui des réalités socio-économiques,
notamment l'héritage du colonialisme et de l'esclavage :
enfin, celui du «réalisme imaginaire». Ce livre passionnera
autant les amateurs de littérature que tous ceux qui cherchent
à mieux connaître l'histoire et la culture antillaises.