Les hommes forts

Les «hommes forts», c'est ainsi qu'on appelait les
poilus de la guerre de 14. Mais aussi les natifs
de Bessèges, dans les Cévennes. Bélou, le héros
de ce roman, est l'un et l'autre. En 1920, quand
il rentre au pays après des années de galère
militaire, il a perdu toute illusion sur la bonté
et la justice des hommes. Il lui reste un goût
immodéré pour les splendeurs de la nature.
On retrouve dans le roman de Daniel Hebrard
la violence lyrique des plus belles oeuvres de
Giono. Dans ce texte qui ruisselle et cascade
comme un torrent de montagne, la nature est
omniprésente. Au-delà du désespoir où le plonge
l'ignominie humaine, Daniel Hebrard décrit
dans une prose généreuse et puissante l'attachement
de son héros aux pierres et aux cieux,
aux animaux, aux plantes, à la nourriture, à la
force des hommes simples et au corps des femmes.
Porté par cette force irrésistible, Bélou traversera
le siècle.