Evasion de plumes : poèmes et récits de détenus

Écrire pour se parler, écrire pour s'entendre résonner,
écrire pour ne pas rester muet, écrire pour communiquer...
Enfin écrire pour extérioriser, pour ressentir,
pour s'évader, pour ne pas plonger dans l'abîme obscur
des hauts murs fleuris de barbelés surmontés de miradors...
Est-ce une forme d'exorcisme, de véhicule pour
prolonger ma vie dans ce monde froid d'inhumanité, le
moyen existentiel de partages que je ne partage plus avec
les autres ? Peut-être la solution pour dépasser la nonvie,
pour exploser de ce qui fait souffrir, de ce qui rend
douloureux : la perte d'amour, de dialogues, de liberté,
d'échanges, de sommeil dans ces heures noires de nuits
blanches... Compagnons du ressentiment, du remords,
des regrets, des pleurs internes, des larmes brûlantes,
des pensées combattantes, des instants de désarroi, des
moments de vertiges sur des sommets d'oppressions...
Ils m'accompagnent du néant dévastateur qui passe,
comme un tic-tac sourd qui ne parviendrait pas à laisser
passer le temps...
Je vous invite à partager quelques textes qui jalonnent ce
parcours en ces murs où la respiration du monde se
heurte, me plongeant dans une apnée de plusieurs
années...
(Extrait de l'introduction de M. C.)