Rose-Mercie

Rose-Mercie n'a que 16 ans lorsqu'elle épouse, sous la pression de
sa mère, Ange Peretti, riche négociant français installé au Cap-Haïtien.
Peu après, sa vie bascule : nous sommes en 1915, Ange est mobilisé
pour combattre en France. Elle lui annonce alors qu'elle est enceinte.
En Haïti, les factions politiques se déchirent. Les Américains, fidèles
à la doctrine de Monroe, « L'Amérique aux Américains », débarquent pour
rétablir l'ordre, mais aussi pour garantir leurs intérêts économiques et
commerciaux.
Rose-Mercie se retire, avec sa fille France, dans la propriété familiale
de Milot laissée à l'abandon après la mort de son père. Elle relance
la plantation, introduit des ruches, installe une fabrique de confitures
et crée des onguents parfumés pour les bourgeoises du Cap-Haïtien.
Mais la colère gronde contre l'occupant américain, les cacos (paysans
en révolte) rejoignent la guérilla après que les Américains aient rétabli
le servage à leur profit. Rose-Mercie, fidèle à son parrain Rosalvo Bobo,
ancien ministre de l'Intérieur bientôt contraint à l'exil, leur apporte
son aide, ravitaillant les maquisards, recueillant les blessés.
Par ailleurs, l'absence de son mari, dont elle a peu de nouvelles
et quelle n'aura connu que peu de temps l'amène à adopter une vie de
femme libre.
Mais en 1918, Ange est démobilisé. Rose-Mercie va devoir choisir
entre conserver la liberté et l'indépendance ou retrouver une vie conjugale...
Et les Américains sont toujours là.
L'auteur réussit un bel exercice de style avec ce roman
où se mêlent habilement deux histoires tumultueuses
ayant pour point commun la quête de liberté.
Celle d'un peuple face à l'envahisseur
et celle d'une féministe avant l'heure.