De la misère symbolique. Vol. 2. La catastrophè du sensible

De la misère symbolique. Vol. 2. La catastrophè du sensible

De la misère symbolique. Vol. 2. La catastrophè du sensible
Éditeur: Galilée
2005286 pagesISBN 9782718606347
Format: BrochéLangue : Français

L'artiste est une figure exemplaire de l' individuation psychique et collective,

telle qu'un je n'est qu'au sein d'un nous , et telle qu'un nous est constitué à la fois

par le potentiel sursaturé et tendu du fonds pré-individuel que suppose ce processus ,

et par des dia-chronies en quoi consistent les je à travers lesquels il se

forme.

Ce processus est un flux lui-même constitué de tourbillons : les tourbillons

sont des flux en spirales formant au sein du flux des contre-courants sans fin. Ces

contre-courants reconduisent cependant au courant par leurs courbures singulières,

et sont ainsi - à contre-courant - la réalité du courant dominant. Un

artiste est un tourbillon d'un type particulier dans ce flux : il est investi d'une

tâche dans la préparation du fonds pré-individuel des je et des nous à venir. Et,

en même temps, il est un opérateur de trans-individuation du pré-individuel

disponible : il crée des oeuvres, c'est-à-dire des artefacts, qui ont pour caractéristique

d'ouvrir l'à-venir comme singularité de l'indéterminé par un accès

au refoulé qui trame la puissance de ce qu'Aristote nommait l'âme noétique,

et comme sa possibilité - qui n'est que par intermittences - de passer à l'acte.

C'est un accès au sauvage.

Le sauvage, comme double tendance d'un fonds pulsionnel liable, est ce

que le désir sublimé apprivoise mais ne domestique pas. Et le sauvage, non

sublimé, retourne à sa pure sauvagerie. L'art, et l'esprit où il advient, sont les

noms de cette sublimation, et ils sont aujourd'hui gravement menacés. Ce qui

signifie que le sauvage brut est partout menaçant.

Ce livre présente le projet d'une organologie générale et d'une généalogie

du sensible - en vue de penser ultimement la sauvagerie de notre temps. Il

poursuit l'analyse qui a été avancée dans des ouvrages antérieurs de l'économie

libidinale propre au capitalisme hyperindustriel, principalement à travers

la question de l'art, comme liquidation de l'économie de la sublimation sous

toutes ses formes.

Il s'agit de fourbir des armes : de faire d'un réseau de questions un arsenal de

concepts , en vue de mener une lutte. Le combat à mener contre ce qui, dans le

capitalisme, conduit à sa propre destruction, et à la nôtre avec lui, constitue

une guerre esthétique. Elle-même s'inscrit dans une lutte contre un processus

qui n'est rien de moins que la tentative de liquider la «valeur esprit», comme

disait Valéry.

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