Sans objet : capitalisme, subjectivité, aliénation

Dans un contexte de crise profonde du système capitaliste global,
ce livre part de notre impuissance pratique et de l'impossibilité
où nous sommes actuellement de penser un autre monde.
Et il rapporte cette impossibilité au fait de la privation de monde (et de
la privatisation du monde) comme au fait majeur résultant du dispositif
capitaliste. Ce dispositif a fait de nous ce que les philosophes modernes
ont pensé que nous étions : des sujets séparés de l'objectivité, des sujets
sans monde, retirés du monde, spectateurs désinvoltes d'un monde
qui n'est plus le leur. La perte du monde (Heidegger-Arendt) et la
séparation d'avec l'objectivité (Marx) sont deux manières d'exprimer
un même phénomène : celui de l' aliénation. Ce dispositif a produit
l'illusion du sujet souverain et la réalité d'une masse d'individus
dépossédés de leur puissance. Au coeur de ce diagnostic, on trouvera
une relecture de Marx, une tentative de mise en dialogue de Heidegger
avec Marx et une confrontation critique avec des représentants
contemporains (Althusser, Deleuze, Foucault) ou actuels (J. Butler,
S. Zizek, A. Honneth) de la critique sociale. La perspective est celle
d'une objectivation des sujets qui en fasse des «individus sociaux»
capables d'un usage commun de leur monde.