Jésus n'est pas ressuscité, mais...

Jésus n'est pas ressuscité. Cette affirmation prodigieuse et invraisemblable
était crédible en des temps crédules surtout sur le plan religieux. Ces temps
n'ont pas complètement disparu. Mais ils sont en forte régression dans
nos sociétés sécularisées. Néanmoins, l'affirmation «Christ est ressuscité»
reste le pilier fondamental de toutes les confessions chrétiennes. Elle nous
a été martelée, imposée depuis deux mille ans. Si le Judaïsme et l'Islam, par
exemple, ont été combattus, c'est principalement à cause de leur refus de la
rumeur de Jérusalem affirmant la résurrection de Jésus, élevée au rang de
doctrine obligatoire, qu'ils ont été rejetés, maltraités. Si l'on enlève ce pilier
fondamental, tout le système doctrinal s'effondre.
Habituellement, ce sont les courants rationalistes qui contestent (avec
raison) ce genre de doctrine. L'originalité de cet exposé c'est d'être réalisé
par quelqu'un qui se veut disciple de Jésus et dont la vocation de pasteur a été
reconnue par son Église, longtemps bibliste, exégète, auteur d'actualisations
de la Bible et de transpositions culturelles. C'est pour avoir découvert dans
les Écritures, le processus d'invention de cette doctrine, qu'il en est venu
à la rejeter fondamentalement. Avec beaucoup d'autres, il a constaté que
l'Évangile proclamé par Jésus, auquel il adhère pleinement, n'avait rien à
voir avec l'Évangile des premiers Chrétiens, les inventeurs du fameux
«Kérygme» (proclamation) des Hellénistes pré-pauliniens évoqués dans les
Actes des Apôtres, chapitres 6 à 8. Toute sa vie, il a aimé «La dent d'or»
de Fontenelle, texte qui lui a semblé être conçu et rédigé pour combattre ce
genre de doctrine. Il en est de même du plaisant conte d'Andersen, «Les
habits neufs de l'Empereur».