Le vilain et son pot : céramiques et vie quotidienne au Moyen Age

La céramique constitue la
majeure partie du mobilier mis au
jour lors de fouilles archéologiques.
Mais leur étude est souvent
négligée et bon nombre de
collections attendent dans les
réserves qu'on veuille s'y intéresser.
Pourtant, les poteries nous renseignent
admirablement sur le mode de
vie encore mal connu des populations
du haut Moyen Âge. Constituer une
anthropologie de ces «oubliés de l'écrit»
en se fondant sur ce seul matériau
serait certes téméraire, mais il serait
tout aussi imprudent de le négliger, car
il apporte des éclairages indispensables sur les techniques
de fabrication, sur les pratiques alimentaires tout aussi
bien que sur les traditions funéraires.
Les céramiques présentées et étudiées dans l'ouvrage de
Dominique Allios proviennent principalement de la
région Midi-Pyrénées, quelques-unes
d'Auvergne et d'Aquitaine. Elles sont
issues de fouilles inédites ou du moins
partiellement publiées : grottes de faux-monnayeurs,
tombes de premiers chrétiens,
quartiers de potiers, hameaux et
abbayes mérovingiennes. Ce large choix
permet d'offrir une vision variée des
activités caractéristiques des populations
qui vivaient dans ces
régions entre le VI<sup>e</sup> et le XIII<sup>e</sup> siècle.
Autant que l'exposé des résultats
obtenus, la présentation des
méthodes et des techniques de
recherche employées constitue un
volet essentiel du présent ouvrage. Afin
de faire parler ces précieux documents,
les méthodes d'investigation sont en
effet très variées ; elles vont des mesures
au radiocarbone aux comparaisons ethnographiques
en passant par l'archéologie
expérimentale. L'enquête fait
ainsi appel à de nombreux spécialistes :
minéralogistes, potiers, ethnologues, informaticiens,
archéologues et historiens. Le classement chronologique
des céramiques se base de ce fait sur un grand nombre
d'observations et non pas seulement sur la seule étude de
l'évolution des formes.
Le vilain et son pot enrichit notre
connaissance du Haut Moyen Âge européen.
Il permet d'identifier un large mouvement
de fond qui touche, de façon
différentiée une large partie de l'Europe
et du bassin méditerranéen, entre les derniers
siècles de la «décadence romaine»
et la pleine expansion romane.