Les Consolateurs

A la charmante Caroline Rose se pose un singulier problème : la nuit, elle entend une machine à écrire régurgiter sous forme de roman les événements de sa propre vie, ses pensées et celles des êtres qu'elle côtoie. Mais qui est assis devant la machine à écrire invisible ? Caroline est-elle l'héroïne de ce roman - ou son auteur ? Quant aux autres personnages des Consolateurs, convertis au catholicisme ou renégats, ils ont leurs propres illusions : Laurence, ex-amant de Caroline ; Louisa Jepp, sa grand-mère, qui se livre à Dieu sait quel trafic inavouable ; le baron Stock, libraire spécialisé dans la démonologie ; Lord Manders, père de Laurence et propriétaire des «Figues au sirop Manders», qui n'émerge que rarement de longues retraites vouées à la méditation ; Ernest, son frère, esthète aux cheveux blancs et au visage d'enfant, qui s'occupe de danse classique : l'inquiétant Mr. Hogarth ; enfin, Georgina, la plantureuse traîtresse, qui, à certains moments, cesse tout simplement d'exister... En fait, les seuls éléments du fantastique premier roman de Muriel Spark qui ne soient pas ambigus sont sa prose scintillante et - pour reprendre le jugement de Graham Greene - «l'incomparable fulgurance de son esprit».