Corps, travail et statut social : l'apport de la paléoanthropologie funéraire aux sciences historiques

Le corps humain constitue un témoin privilégié des activités et du
mode de vie des individus. Alors que l'archéologie funéraire fournit
des données trop souvent insatisfaisantes sur l'identité des défunts,
l'étude paléoanthropologique (en particulier paléopathologique)
des ossements apporte en effet des éléments nouveaux et complémentaires
aux recherches basées sur l'identification professionnelle
et sociale des individus. La volonté d'appréhender les populations
anciennes comme des ensembles non plus homogènes mais, au
contraire, composites, nécessite un traitement plus approfondi de
toutes les données disponibles.
En réunissant les contributions d'anthropologues, de paléopathologistes,
d'archéologues, d'historiens, d'iconographes et de philologues,
cet ouvrage permet, au travers de développements théoriques
et d'études de cas, de poser les jalons méthodologiques de l'identification
socioprofessionnelle des défunts. Ces résultats soulignent
l'apport de la paléoanthropologie aux sciences historiques et l'intérêt
de la conjugaison des compétences des différents spécialistes.
Le sujet, bien que d'une grande richesse, n'a été que très peu
exploité jusqu'ici. Cet ouvrage constitue ainsi la première synthèse
méthodologique sur l'identification professionnelle et sociale des
défunts par le biais de l'anthropologie physique, tout en soulignant
l'intérêt de la démarche sur le plan plus large des études historiques
et sociales.