Mes gens et mes bêtes. Ma zud ha ma loened

L'être humain évoque souvent avec tendresse le village de ses
jeunes années, lieu des premières découvertes, des premiers bonheurs.
Jean-Yves Plourin, d'une plume alerte et aiguisée, conte ici
son enfance ou plutôt ses enfances sous la forme de dix savoureux
chapitres qui ne manqueront pas de renvoyer le lecteur à ses propres
racines rurales.
Saint-Servais, paroisse de la Bretagne centrale et patrie
d'Anatole Le Braz, est le berceau de cette enfance, au coeur de la
civilisation rurale traditionnelle. L'auteur décrit ses enfances, ses
départs et l'ivresse mal contenue des retrouvailles d'été avec la
nature, les animaux, les êtres chers, jusqu'aux défunts, dont le souvenir
habite les lieux et les coeurs de ceux qu'ils ont aimés.
Pierre angulaire de l'héritage : la langue bretonne, cadeau inestimable
qui a apposé son sceau sur le coeur de l'enfant sans que le
français parvienne jamais à le supplanter. Mes gens et mes bêtes ou
Ma zud ha ma loened a ceci de particulier qu'il se présente d'emblée
en édition bilingue, breton-français. La page de gauche propose
le texte originel écrit dans un breton richissime, et par respect
et souci d'authenticité : localiste. La noblesse du français, sur la
page de droite, est ainsi enrichie d'un breton qui a gardé toute sa
luxuriance dialectale.
L'un des charmes de Ma zud ha ma loened est le mariage subtil
entre l'art du conteur et les ressources d'une érudition élégante.
Dégustation bretonne ou française, toutes les papilles de l'esprit
seront satisfaites. Mes gens et mes bêtes promet des plaisirs
contrastés, excluant toute fadeur.
Préambule de Fañch Morvannou.