De Gaulle intime : un aide de camp raconte : mémoires

En novembre 1958, François Flohic, capitaine de corvette, est
désigné par la Marine pour être l'aide de camp du chef de
l'État. Il le restera jusqu'en 1969, avec une interruption de
deux années.
C'est un intime qui, de l'homme qu'il a connu au quotidien,
donne ici «une image différente de celle qui apparaissait en
majesté sur les écrans de télévision». Et atteste, à l'inverse de
Malraux, «qu'il n'a cessé d'exister un Charles qui regardait
agir le Général, l'encourageait et le jugeait».
Du fondateur de la V<sup>e</sup> République, on découvre les habitudes
et les réflexions, sur fond de retour aux affaires, de drame
algérien ou de contestation sociale. Dès le 28 avril 1968, à
quelques jours de l'embrasement, la lassitude lui fait dire :
«Cela ne m'amuse plus beaucoup ; il n'y a plus rien de
difficile ni d'héroïque à faire.» Un mois plus tard, seul témoin
et organisateur de la «fuite» à Baden-Baden, François Flohic
décrit un chef désemparé, inquiet de sa «déchéance»,
songeant même à l'exil en Irlande où il l'accompagnera sitôt
son retrait du pouvoir.
Témoin officiel ou informel de rencontres avec Kossyguine,
Kennedy ou Massu, il livre aujourd'hui un des derniers portraits
rapprochés du général de Gaulle.