La compagnie des héros : ma vie d'acteur avec John Wayne et les autres, dans la John Ford Stock Company

J'ai un foulard, un bandana d'un bleu pâle, mélangé d'un peu de blanc. Il est tout
égratigné et déchiré, aujourd'hui, et ses couleurs se sont affadies. Mais c'est John
Ford qui l'a noué autour de mon cou, le premier jour de tournage de La Prisonnière
du Désert. C'est ma Légion d'Honneur, ce foulard, parce que c'était le sien. Il
m'avait dit d'aller dans sa chambre du Goulding's Lodge, et de le prendre dans ses
affaires.
[...] Quand je m'assieds sur la terrasse de ma maison de Durango, dans le
Colorado, je peux voir le blanc moutonnement des grands nuages que John Ford
aimait tant. Ils glissent vers le Sud-Ouest, vers Monument Valley. Tout ce qu'ils
peuvent survoler, sur leur passage, je l'ai vu. J'ai connu, vu ou entendu plus de
choses que beaucoup d'acteurs. Je sais qu'une bonne part de l'Histoire du Cinéma
s'est écrite sous ces nuages, et que j'en ai fait partie.
«Ceux qui ont approché John Ford savent que sa personnalité était aussi forte que ses films.
Et personne ne pouvait, sur ce personnage hors du commun, nous en apprendre autant
qu'Harry Carey Jr, qui fut témoin autant qu'acteur, dans les moments de peine, comme dans
les moments de joie.»
Walter Hill, réalisateur de 48 heures, Les Guerriers
de la Nuit, Le Gang des Frères James et Géronimo.
«[...] De loin le plus vivant, le plus précis et le moins édulcoré des portraits de John Ford
au travail.
Et puisque Ford demeure le plus admiré - et peut-être bien le meilleur - de tous les
cinéastes américains, le livre de Carey est tout à la fois un inestimable trésor et un absolu
délice.»
Peter Bogdanovitch, réalisateur de La Dernière
Séance, Et tout le Monde Riait et Mask...