La Seconde Guerre mondiale : 1939-1945. Vol. 1. 1919-1939, la montée des périls : la France d'une guerre à l'autre

Au lendemain de la Grande Guerre, personne ne croit à l'éventualité d'un nouveau conflit. Le désarmement
de l'Allemagne paraît préluder à un désarmement général, tandis que la création d'une
Société des nations suscite une grande espérance. Pourtant, les traités de paix laissent un certain
nombre de pays insatisfaits. Le principe des nationalités n'est pas toujours respecté et d'importantes
minorités sont englobées dans les nouveaux États nés de ces traités. L'Allemagne proteste contre
les conditions du traité de Versailles, tandis que la Hongrie et l'Italie réclament la révision des traités
de paix. La dislocation de l'Autriche-Hongrie en un grand nombre de petits États a rompu l'équilibre
en Europe centrale. Ces mêmes États se montrent incapables d'opposer une quelconque union
face aux tentations hégémoniques de l'Allemagne. Cette situation se radicalise dans les années
1930 lorsque les nationalismes économiques vont renforcer les nationalismes politiques et militaires.
Les démocraties, profondément touchées par la crise de 1929, se révèlent impuissantes face
aux nouveaux régimes totalitaires. À une politique fondée sur la signature et le respect des accords
diplomatiques va se substituer une politique des coups de force. Le Japon étend son protectorat
sur la Mandchourie et quitte en 1933 la SDN. La même année, Hitler devient chancelier du Reich
tandis que l'Allemagne abandonne
son siège à la conférence de Genève
sur le désarmement et se retire de
la SDN. L'Italie, passant outre aux
menaces de sanction de la SDN,
envahit l'Éthiopie. Dès le milieu
des années 1930, l'esprit du
traité Briand-Kellog, qui
mettait la guerre «hors la
loi», a vécu. Les dés de fer roulent
vers l'abîme.