Le cri du sanglier

Le sanglier prend la parole. Il fustige les chasseurs et refuse de finir en cuissot à la Saint-Hubert. Il reconnaît volontiers ses défauts - terre à terre, sans retenue sexuelle - et confesse qu'il aime plus que tout s'embauger. Voici donc le «cochon», contre toute attente, instruit, hédoniste, policé mais aussi pourchassé, bu, cuisiné, mythologisé.
Cette fable anthropomorphique , où Pindare coexiste avec le Muppet's Show, est le prétexte à une lecture de la nature, de l'histoire et de la civilisation humaines; et derrière cette détestation de la chasse, c'est finale-ment toute notre bonne vieille société qui est passée au crible. Manière de dictée de Mérimée version vénerie, ce monologue iconoclaste , qui relève d'une ironie mordante, renoue avec la tradition du roman d'édification. Et chacun en vient à souhaiter que l' hallali ait un dénouement heureux.