Derritages : une thèse en déconstruction

Derritages met en marche une lecture de la pensée déconstructive en insistant sur le caractère affirmatif de l'héritage de la tradition philosophique réalisé par Derrida. Car la déconstruction, comme celui-ci a maintes fois signalé, n'est pas plus une destruction qu'elle n'est une négation.
Cependant l'histoire de la métaphysique occidentale semble ne connaître qu'une seule modalité d'affirmation : la thèse ; et de négation : l'antithèse. Hériter, dans le sillage de Derrida, hériter tout en affirmant la tradition, implique par conséquent mettre en oeuvre nécessairement un travail de déconstruction de la grande famille de thèse. Un travail qui ouvre la possibilité d'un discours qui ne sera désormais ni thétique ni antithétique.
Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons comprendre la singularité d'une pensée qui défie, sans s'y opposer de plein front, les catégories académiques à l'usage. La pro-thèse, la paren-thèse, la méta-thèse, l'ana-théme, tels des bâtards, hantent le dedans de thèse afin de nous permettre d'habiter dans la lignée de celle-ci sans pour autant rester pris dans ses filets.